La Feuille n°15

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Triste époque, qui voit fondre les frontières entre l’extrême centre, les droites et l’extrême droite.

Voyons voir.

J-Y Sénant, un LR (« Les

Républicains ») pur jus ? C’est fini. En 2022, il fait ami-amie avec la macroniste Maud Bregeon, candidate députée. Élue, celle-ci se révèle une véritable groupie d'Attal et Darmanin, dont elle soutient les projets les plus droitiers, ceux qui ont les faveurs des LR et même du RN. Situation cocasse au conseil municipal, où les « marcheurs » de Bregeon restent dans « l’opposition » à l’équipe Sénant !

Arrive la dissolution, et la députée est candidate à sa succession. En macroniste pur jus ? Cela aussi, c’est fini, elle est ouvertement soutenue par les maires LR du secteur.

Vous suivez toujours ?

Lorsque Ciotti, patron des

LR, rallie Le Pen, Sénant garde un silence prudent. Bregeon, elle, déclare ne pas pouvoir se « résoudre à voir le Rassemblement National aux portes du pouvoir ».

Hélas, une semaine plus tard, la menace RN est oubliée ; son seul objectif : « faire barrage à l’extrême gauche » !

Depuis, la députée aux dents longues a rejoint au gouvernement ses amis LR. Désormais, elle porte la parole de Bruno Retailleau (« le ministre qui parle comme Le Pen », selon BFM !).

Au menu, du Bardella dans le texte : « allonger la durée de rétention dans les centres de rétention », « restreindre les critères de régularisation »,

« levée automatique de l’excuse de minorité », etc.

Un programme qui ne doit pas déplaire à J.-Y. Sénant, désormais macrono-retaillo-compatible, pour qui « les Roms sont des Européens… spéciaux ». Et qui aurait réjoui Devedjian, l’ex- maire : son maire-adjoint à la culture, était un certain Le Gallou, qui enfanta la théorie de la « préférence nationale » et soutint Zemmour en 2022. La boucle est bouclée.

Sylvain BERGOUNIOUX

La démocratie à la française, c’est un nouveau gouvernement composé de perdants : LR, Renaissance, MoDem, UDI,

Horizons. Dont la porte-parole est notre députée Maud Bregeon, inconditionnelle de la macronie, découvrant aujourd'hui le bilan d'un exécutif qu'elle défendait hier sans vergogne ! Et elle nous annonce sans frémir des coupes budgétaires et une nouvelle loi sur l’immigration, véritable cadeau au RN.

De quoi faut-il avoir peur ? Principalement du recul des solidarités sociales, territoriales et du déni climatique. Quelle belle occasion donnée à l’équipe municipale pour restreindre elle aussi ses services aux habitants, hélas ! Et nous savons que pour cela elle n’a pas besoin d’encouragements.

Qui est menacé ? Pas seulement les plus précaires, mais nous tous. Et le climat aussi, abandonné à tous les niveaux. Notre avenir est entre les mains de gens qui voient la maison brûler et détournent la tête, comme disait Jacques Chirac. Changeons de cap ! Pour mettre en route un contrat social digne de ce nom et agir enfin véritablement pour le climat.

Sylviane ASCHEHOUG

N°1 – Janvier 2021

Collectif de citoyen.ne.s, de membres d'associations et des partis politiques Les Ecologistes, (EELV), Génération.s, La France Insoumise, Parti Communiste Français, Parti Radical de Gauche, Parti Socialiste

N°15 – octobre novembre 2024 Le gouvernement :

quand les perdants gagnent !

Sénant, Bregeon, Retailleau, Le Pen : la chaîne du déshonneur

Nos prochains rendez-vous 13/11 20h30 salle François Molé : budget 2025 et justice fiscale NFP/Attac

18/11 20h salle Club de l'espace Vasarely, réunion publique ATC sur le Logement

10/01/2025 19h salle François Molé pour la présentation des vœux d'ATC aux Antoniennes et Antoniens DR

Peux-tu te présenter ? Je suis Antonienne depuis 2020 après Bourg-la-Reine puis Montréal.

J’habite au centre-ville avec mon compagnon et notre enfant de 8 ans. Je suis directrice scientifique d’un centre de recherches industriel dans le domaine de la construction.

Réfléchir à l’isolation thermique des bâtiments est une déformation professionnelle pour moi !

Comment as-tu connu ATC ? Comme beaucoup, la dissolutionsurprise m’a sidérée. J’ai voulu participer à la campagne des législatives pour plusieurs raisons : soutenir le programme de progrès et de solidarité du NFP avec Brice Gaillard, et faire barrage à l’extrême droite avec laquelle Maud Bregeon est très compatible. Cette campagne a été intense, avec de belles rencontres lors des porte-à-porte et bien sûr avec les membres du collectif. J’ai également appris beaucoup de choses sur Antony

Et pour le futur ? Eh bien, on travaille, on prépare la prochaine campagne et on gagne les élections municipales de 2026 ☺! Avec ATC, j’ai découvert un groupe dynamique et soudé autour de ses élu·e·s, qui réalisent un travail de fond remarquable.

Forcément, ça donne envie de contribuer ! Antony est une ville agréable, mais où nous pourrions faire tellement mieux : plus de place pour la nature et les mobilités douces, un meilleur accès au logement pour tous, démarrer la transition énergétique, des lieux publics ou des commerces répondant mieux à l’attente des Antoniens…

Un mot pour la fin ? Il y a beaucoup de défis mais aussi beaucoup de choses à faire à l’échelle locale. J’aimerais agir pour que plus d’Antonien·nes s’intéressent à la politique pour leur ville et s’impliquent. La participation aux dernières élections était en forte hausse dans tous les quartiers, c’est très encourageant !

Parole d’Antonienne : Emmanuelle Gouillart

Okaïdi KO à Antony

Encore un magasin très apprécié qui ferme rue Mounié : les parents antoniens ont appris avec colère la fermeture du magasin de vêtements pour enfants Okaïdi, après celle de Natalys ou du Pareil au Même. Interrogé au conseil municipal, le maire assume une politique de laisserfaire complet : conséquence, seuls les commerces à forte marge peuvent survivre sur la durée.

La rue Mounié rénovée à grands frais a été inaugurée récemment mais le maire se trompe sur les priorités des Antoniens : à quoi sert le faste des nouveaux pavés si nous ne trouvons pas les commerces dont nous avons besoin ? Avec une vraie politique d’aménagement du centre ville, les courses seraient une agréable promenade en ville plutôt qu’une expédition dans des zones commerciales lointaines.

Emmanuelle Gouillart Député déboussolé

On souhaite bien du courage à Christophe Mongardien, nouveau député d’Antony ! Se disant « Plutôt de gauche », dans le Parisien, il prévient, qu'on se le dise, qu'il ne votera pas forcément comme sa titulaire Maud Bregeon.

Heureusement car elle n’a jamais fait semblant d’être de gauche ! Nous tenons à sa disposition le programme du NFP pour des alternatives au tour de vis anti-social prévu par le gouvernement Barnier.

Emmanuelle GOUILLART

Les Antoniens sont solidaires

Une centaine d’habitants se sont rassemblés rue Mounié samedi 19 octobre pour un hommage à Paul Varry, jeune cycliste tué à Paris par un chauffard enragé. À l’appel de MDB (Mieux se Déplacer à Bicyclette), cyclistes et piétons ont défilé ensemble jusqu’à la mairie pour dire non aux violences routières.

Anne RAMBAUT Maison fantôme

Rue de l’Abbaye, le maire promettait une maison médicale avec des professionnels de secteur 1. La ville a fait appel à une filiale de Sodexo, Docteur House, pour recruter les médecins. Bilan à l'heure où nous écrivons : sur 4 médecins, 1 est en secteur 2, deux autres exercent partiellement à Boulogne-Billancourt (cf. AMELI). Piètre résultat !

Irène HUARD E.G

Souriez, vous êtes fliqués

C'est au cours du dernier conseil municipal que nous assistons au vote robotique par la majorité de la vidéoverbalisation au nom du « mieux vivre ensemble ». Après le véhicule équipé d'un système de lecture de plaques, les caméras, une grande passion du maire, vont maintenant faire tomber des prunes façon radar automatique. On n’arrête pas le progrès ! En ces temps d'austérité annoncée, quoi de mieux que d'automatiser le travail de la police ? Cependant, 2 agents à temps plein pour entériner le verdict des caméras, ça fait beaucoup par rapport aux 6 policiers municipaux (oui, 6 agents uniquement, quand Bourg-la-Reine et Sceaux, des communes plus petites qu’Antony, ont chacune 10 policiers municipaux).

Quant à la surveillance algorithmique testée pendant les JO, comprendre identification en temps réel de toute personne, il est annoncé que celle-ci sera pérennisée par la loi. Antony pourra alors surveiller tout l'espace public. Ce qu'on oublie souvent c'est qu'un tel réseau coûteux à installer et à maintenir sert surtout à résoudre les affaires a posteriori. Et à la fin, comme on le voit dans les signalements de l'appli Voisins

Vigilants, le premier réflexe des habitant·e·s est d'appeler la police ! Plutôt que du techno- solutionnisme, il faut avant tout donner à la police les moyens humains nécessaires pour faire son travail, car une présence physique sera plus sécurisante que n'importe quelle caméra. Il y en a déjà plus de 900, le maire en veut 1000 quand leur efficacité est anecdotique. Quelle société voulons-nous ?

Caméras partout et humains nulle part ? C'est aussi ça qui se joue dans notre ville, un projet de société qui ne dit pas son nom. Sans débat, le crédit social chinois et Big Brother ne sont qu'à quelques votes près.

Luc COUTURIER

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La santé à 2 vitesses La santé, pour les uns c’est une affaire d’argent. À Antony, 80% des spécialistes pratiquent les dépassements d’honoraires, bien loin des tarifs conventionnés de secteur 1. La santé est devenue un luxe.

Pour beaucoup c’est la galère. Les délais s’allongent. 7000 Antoniens n’ont pas de médecin traitant. Nombre de généralistes ne prennent plus de nouveau patient. Et plus du tiers d’entre eux partiront à la retraite dans les 5 prochaines années. Pour d’autres encore, c’est « fermé » ! Les 3 500 patients du centre de santé de la Croix-Rouge au Noyer-Doré, fermé cet été, n'ont plus ni dentiste, ni gynécologue, ni généraliste.

Depuis 2 ans le maire est au courant de ce projet de fermeture. Il a promis aux habitants de ce quartier prioritaire « l’offre de soin la plus complète » dans une maison de santé pluridisciplinaire.

Pour cela la ville a missionné une officine privée pour attirer des professionnels de santé de secteur 1. Mais les locaux sont toujours vides.

Exigeons un centre municipal de santé ! Les locaux de l’ex-centre de la Croix-Rouge appartiennent à la ville - ils ont couté 1,3

M€. Cette structure municipale, permettrait la prise en charge coordonnée de diverses spécialités médicales et paramédicales - avec des professionnels salariés, un statut aujourd'hui recherché par les jeunes médecins -, une politique de santé publique et de prévention en partenariat avec les associations, le suivi des patients atteints de maladies chroniques, un Espace Santé Jeunes, etc. Elle appliquerait le tiers payant intégral en secteur 1. La santé n’est pas une marchandise ! Mais le service public, ça le rend malade, notre maire ! Tout comme ses amis « à droite toute » du gouvernement qui prévoient encore 5 milliards d'économies sur le budget de la Sécurité sociale.

Au local comme au national, il faut les censurer !

Irène HUARD Injuste prix

Hauts-de-Bièvre Habitat, principal bailleur social de la ville, est sur le point de racheter, dans le quartier Pajeaud, les 5 tours du parvis de la Bièvre – 544 appartements. Nous avions poussé la ville à contraindre la famille propriétaire à lui vendre ces tours des années 1970 jamais rénovées.

Bonne nouvelle pour leurs habitants qui verront leurs loyers baisser, comme ceux de 3 des tours voisines, sur le parvis du Breuil, rachetées en 1995 et 2015. Pour les 5 tours rachetées, les 84 M€ proposés paraissent excessifs comparativement au prix d’achat de logements sociaux neufs. D'autant plus que leur rénovation coûtera une dizaine de millions. Or selon les chiffres de l’Ancols, une surface équivalente de logements neufs en zone Abis, comme Antony, coûte de l’ordre de 100 M€.

David MAUGER

On pleure Jean-Zay et Jean Zay pleure

Inauguration du nouveau quartier le 5 octobre, discours, spectacle son et lumières, cocktail, foule curieuse mais pas enthousiaste.

Les discours du maire et de Valérie Pécresse évoquent le passé du quartier. Leur lecture historique est empreinte de l’acharnement de Devedjian contre la visionnaire résidence universitaire de l’aprèsguerre, la plus grande d’Europe. Ce fut un élément majeur du patrimoine antonien, réunissant quelques 2500 logements, cinéma, gymnases, bibliothèque, centre médical, commerces, autour d’un vaste jardin, sans oublier école et crèche.

Un grand espace vert entouré d’immeubles c’était une vision d’une autre époque.

La résidence, qui est au centre de manifestations en 1967 et 68, est décrite par Mme Pécresse comme un « bastion de la lutte »

d'étudiants « qui refusaient d'obéir ».

« Impossible de regrouper ainsi sur le même site autant de trublions ».

La cité est délibérément laissée à l’abandon, car c'est la bête noire de Devedjian, pour qui c’est un « kyste urbain ». Mme Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur entre 2007 et 2011, constate qu’elle tombe « en ruines ». Tous les bâtiments, sauf un, sont démolis entre 2010 et 2017.La démolition est faite pour laisser la place aux promoteurs, d’ailleurs conviés samedi soir à la fête aux côtés des politiques.

Restent aujourd’hui 865 chambres pour étudiants sur 2500, alors que les étudiants franciliens n’arrivent pas à se loger. Le jardin est détruit. Les équipements aussi. Le tout rasé pour laisser la place à une rare densité d’immeubles. Difficile de surmonter un sentiment de gâchis face au défi urbain et climatique.

Une catastrophe pour Jean Zay ; le tout est contraire aux valeurs qu’il défendait.

Quel sera l'avenir pour cette autre réalisation visionnaire, la ButteRouge à Châtenay-Malabry, elle aussi dans le viseur des mêmes prédateurs ?

Clare DONOVAN

01 84 19 69 33

La Feuille est éditée par l’Association de soutien à Antony Terre Citoyenne. Directeur de la publication : Pierre Rufat

Ont contribué, à ce numéro : Adrien Rossner, Anne Rambaut, Clare Donovan, David Mauger, Emmanuelle Gouillart, François Rivet, Hélène Lemaire, Irène Huard, Janet Borg, Luc Couturier, Sylvain Bergounioux, Sylviane Aschehoug www.antonyterrecitoyenne.org Contact : formulaire de contact https://www.facebook.com/Antonyterrecitoyenne

Retrouvez nos élus lors du conseil municipal du 12 décembre à 20H (et/ou en replay) sur le site de la ville ou à l'Hôtel de ville, puis les 06/02/25, 03/04/25, 26/06/25, 25/09/25, 11/12/25 Indignons-nous !

Plus de 40 000 civils ont été tués en Palestine, plusieurs centaines ont été tuées au Liban et plus d’un million ont fui leurs foyers. Un peuple est en train de mourir sous nos yeux, et nous détournons le regard. Le piétinement de toutes les règles du droit international par le gouvernement israélien est une impasse. La guerre sans fin n’offre aucune solution politique durable susceptible de garantir les droits et la sécurité des peuples palestinien, israélien, et désormais libanais.

Nous refusons que le drapeau israélien figure encore sur la Mairie après un an de massacres de civils. Quand bien même Antony est jumelée avec Sderot, cet affichage incarne un soutien inacceptable à l’action de l’armée israélienne.

Et que disent nos amis libanais d’Antélias, jumelée elle aussi avec Antony, alors que les bombardements israéliens sur le Liban s’intensifient ? Pour un cessez-le-feu global et immédiat, avec le retour des otages.

François RIVET A.R

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